Laurent devant foule

Championnat d'Europe - Panique à Bord

laurent guénet

A peine une semaine après mon dernier stage estival, je me présentais au championnat d'Europe de cadre 71/2, à Herten en Allemagne. J'avais donc une petite semaine pour me préparer. Même si je m'entraine depuis longtemps à ce mode de jeu, c'était un peu court.

Pourtant les matchs et performances réalisés pendant cette semaine étaient très bons, et me faisaient espérer du meilleur de moi-même. J'avais également, en arrière plan, mon dernier match au championnat d'Europe de cadre 47/2 de juillet dernier qui me laissait un gout amer, mais aussi d'espoir, avec une grande envie de revanche.

Mais voilà, démarrer la saison cela fait plaisir c’est sur, mais ce n’est pas toujours évident. Reprendre contact avec la compétition, le trac, les adversaires, et surtout être au top de ses conditions mentales. Là c’est pour moi une incertitude. Et puis jouer directement en championnat d’Europe, il y a plus facile comme reprise.

Mon premier match, et contre le français M. Devogeleare, ne me laisse pas tranquille. La nuit a été agitée. Je n'ai pas bien dormi. L'hôtel n'est pas terrible. Je me lève le matin avec des tensions un peu partout. Jambes tendues, brûlure dans le ventre, également au niveau du plexus, poignet gauche rigide. Je fais quelques exercices pour me détendre, mais les tensions sont fortes et restent présentes.

Convoqué à 12h30 sur le billard N°1, je joue à 14H00. Pendant cette longue attente, j'ai pu voir sur ce billard N°1, le match Nockemann Grétillat aller jusqu'à la 10ème reprise et finir sur le score de 200 à 180. Au premier tour, Henri Tilleman avait lui aussi joué ses 200 points en 14 reprises sur ce même billard.

Je ne présageais donc rien de bon sur cette table. Pourtant l'échauffement se passe bien. Le match démarre. Je rate à 7 sur le point de départ. Mickaël déjà dans le match réalise une série de 90 points. Rien de grave me dis je, il faut réagir. Mais c'est là tout ce qu'il se passe.

Je suis gêné par ces billes qui ne reculent pas, sauf quand elles viennent d'être nettoyer. L'arbitre qui compte évidemment en allemand. Ou je suis? Et puis déviation, buttage. Pour Mickaël c'est la même chose et il ne joue plus très bien. Les reprises défilent. Je rate facilement. Je vois bien que je n'y suis pas.

Sur la chaise je me rappelle mon cadre de match, ce que je dois mieux faire, mais une fois sur le billard tout s'envole. Je suis aspiré par la peur de la défaite, je ne panique pas mais c'est tout comme. Miraculeusement je me maintient dans la partie mais déjà 13 reprises. Avec une série de 52, qui me parait beaucoup plus longue, je reviens au score. A la 14ème un engrenage me donne une position "dedans", trop difficile. Mickael finit, je perds le premier match.

Mon deuxième match est un peu mieux. Je joue Raymond Swertz, le jeune champion d'Europe Juniors. A la 4ème reprise  nous sommes ensembles. Je rate deux fois sur un une bande sans laisser de jeu. Raymond prendra les billes à la 6ème reprise pour ne plus les quitter. Je perds mon second match.

Il me reste une maigre chance de me qualifier pour les huitièmes. Je dois impérativement gagner mon dernier contre Micha Van Bochemn, et Raymond Swertz doit perdre contre Mickael Devogeleare, sans faire trop de point, car je suis le plus faible à la moyenne. Je joue de nouveau sur le billard N°1. Mickaël et Raymond font un très bon match. 200 à 200 en 4. Je suis "out".

Avec le recul, je peux voir mes lacunes au 71/2. Quand je vois jouer Patrick Niessen, personne d'autre, je dois encore progresser. Même si je réalise de grosses parties, je ne me sens pas capable de finir à tous moments sur la série, quelque soit le score, comme au 47/2.

Mentalement, je n'étais pas présent, pas concentré.  Mon corps était tendu et ne pouvait bien jouer avec ces tensions. J'avais de grandes attentes sur ce championnat qui ont fait grandir ma peur et je suis resté scotché dessus, incapable de la transformer, de fonctionner autrement. Et puis cette première partie en quatorze reprises m'a profondément touché, deçu de moi même.

En écrivant ces lignes je comprends que je n'étais pas prêt de me relever d'une telle partie. A aucun moment je ne me suis imaginé pouvoir jouer de la sorte, et ce fut terrible. J'avais donc très peur, preuve que je n'étais pas sur de mes forces, de mes performances. Je ne prenais pas le temps d'ajuster mes tirs, j'étais attiré, comme je vous ai dis plus haut,  aspiré par cette peur, avec le souhait de juste faire le point et de me rassurer.

Sur la chaise je prenais des résolutions, remémorais mon cadre de match, mais sur le billard tout disparaissait instantanément. Ma peur de ne pas me qualifier était trop grande et je n'ai jamais réussi à m'en séparer.

J'ai râté cette compétition mais il y en aura d'autres. Il faut maintenant analyser et digérer cette performance. Trouver la faille, sa source, et rebondir sur les prochaines compétitions qui arrivent bientôt, dans trois semaines à peine.

1 commentaire

1 Swami Atma 19 septembre 2009 à 23:00 Tres bonne analyse Laurent. On se releve et on essaie a nouveau. Nous te supportons.

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